Les
étudiants ont organisé, le lundi 20
avril 2015, une assemblée mixte à l'enceinte du campus Henry Christophe de
Limonade(CHCL) visant à
trouver des éléments de solution aux multiples problèmes confrontés par le
CHCL. Cette rencontre devrait dérouler en présence des personnels du Rectorat
de l'UEH, du conseil de gestion du CHCL, des représentants du corps
professoral, de l'administration et les étudiants. Malheureusement, la
rencontre est gâchée en raison de l'absence de la quasi-totalité de ces
derniers. Seul le président du conseil de gestion, en l’occurrence monsieur
Jean-Mary THEODAT a marqué sa présence. Étonnés, angoissés, humiliés,
bouleversés par la réaction des instances concernées, les étudiants décident de
faire passer leurs revendications d'une autre manière. Ils ont manifestement
bloqué la route nationale #6 (reliant la ville du Cap-Haïtien et celle de
Ouanaminthe). Durant cette manifestation, deux étudiants sont blessés par
balles, plusieurs autres sont battus par la police et un d’entre eux est
arrêté.
Suite aux revendications faites par
les professeurs qui ont coûté aux étudiants la perte de plus de trois(3)
semaines de classe, les étudiants qui, n'ayant rien tiré de profit vu les
nombreux problèmes liés au bon fonctionnement des facultés, ont, ce lundi 20
avril 2015, organisé une assemblée mixte visant une sortie de crise. Plusieurs
points ont été figurés dans leur revendication :
D'ordre général
- Clarification
du système d’enseignement et le
mode de sanction des diplômes ;
- La publication des curricula des différentes filières du CHCL par le Rectorat de l’Université d’État
d’Haïti (soulevé par les étudiants depuis 2 ans) ;
- Reconnaissance
légale du CHCL par le Rectorat (Intégration du CHCL au niveau du Conseil de l’UEH) ;
- Définir et publier l’organigramme du CHCL.
D'ordre spécifique
Médecine :
·
Equipement
des laboratoires pour faciliter les TP
(Biologie, Chimie, Physiologie, Parasitologie, Histologie, …)
·
Disponibilité
des salles de dissection accompagnées des matériels appropriés pour les séances
de pratique.
·
Clarification
des Hôpitaux pour le stage des étudiants.
Agronomie :
- Mise en œuvre des travaux d’exécution de la ferme
agricole et disponibilité des outils aratoires.
- Garantir les cours de Pratiques agricoles et
planification des différents stages possibles ;
- Laboratoire de sol et station météorologique.
Génie Général
·
Salle
de dessin et matériels appropriés
·
Installation
des logiciels de DAO
Génie Informatique :
·
Laboratoire
informatique bien équipé (routeur, switch, câbles, ordinateurs, tableaux
numériques, imprimantes, etc.)
Éducation :
·
Stages
pour les étudiants ;
·
Une
salle de laboratoire accompagnée de matériels pour les TP Chimie et Biologie.
Lettres sciences
humaines :
·
Confirmation
d’un chef pour chaque département ;
·
Disponibilité
de tableaux numériques pour les cours de
langues ;
·
Garantir
les Travaux Pratiques.
Cet événement devrait dérouler à
partir de 9 heures du matin en présence du rectorat de l'UEH, du conseil de
gestion, du corps professoral, de l'administration et les étudiants du CHCL. Il
était 9 heures passé, personne n'est venue. Seuls les étudiants se trouvent
sous l’agora, attendant avec impatience l’arrivée des personnes concernées. Il
fallait atteindre jusqu'à 9h35 pour voir arriver le président du conseil de
gestion ; monsieur Jean-Mary THEODAT. Encore patients, les étudiants
continuent à attendre l’arrivée des autres, mais personne d'autre n'est venu.
Cela témoigne le refus de dialogue de toutes les autres instances concernées
par la crise du campus. L’assemblée n'a pas pu avoir lieu. Les étudiants
décident enfin de passer à une nouvelle étape de leur revendication. Ils ont
décidé de stopper la circulation sur la route nationale #6. « Ce ne
sont pas nous qui voulons manifester, ce ne sont pas nous qui voulons bloquer
la circulation mais c'est la situation qui nous oblige à manifester et à
bloquer la rue. Ce sont eux ; les responsables qui nous efforcent à faire tout cela », a déclaré un
étudiant. De nombreux autres discours se sont prononcés visant à animer la
foule. Tout à coup, les étudiants se
jettent dans la rue. Ils font stopper les véhicules et mettent un d'eux au
travers de la route. Ils mettent également de grosses pierres dans la rue pour
empêcher les petites voitures de passer à coté. Quelques minutes plus tard, la
rue était déjà trop bourrée de voitures. Environ une heure plus tard, la police
a intervenu pour mettre un thème à la manifestation. Tous les dialogues
pacifiques sont voués à l’échec. La police essaie de disperser la foule en
envoyant du gaz lacrymogène et en les
frappant. Cela ne fait qu'empirer la situation. La police et les étudiants se
trouvent dans une altercation alarmante. Les étudiants se replient à
l’intérieur de l’université tout en lançant des pierres vers l’extérieur. Les
policiers ont lancé des projectiles à
l’extérieur et à l’intérieur du campus. Certains projectiles sont lancés à
hauteur d'homme. Deux étudiants sont atteints de projectiles :
Arisson ; un étudiant de la faculté d'Agronomie atteint de projectile au
visage à sa joue droite et un étudiant de la faculté de médecine touché à la
main. Les policiers ont pénétré l'espace universitaire jusqu'à la Place de la
solidarité Dominicano-Haïtienne. Beaucoup d’étudiants sont battus. Ils ont
arrêté un étudiant en aménagement du territoire connu sous le nom de Frantz
JEUNE. Ils l'ont torturé et l'ont emmené avec eux. Il était déjà 3 heures
écoulées lorsque les policiers ont réussi à débloquer la route et ont mis fin à
la manifestation.
La lutte, est-elle pour autant terminée ?
« Tant que nous n'obtenons ce que nous demandons à savoir les
conditions minimales de réouverture, nous ne cesserons pas de manifester de
toutes les manières possibles afin de faire passer notre revendication »,
ont soutenu les étudiants.
L'avenir
nous dira le reste !
Rédacteur : Lusonel DORMEUS
Contacts : dormeuslusonel@yahoo.fr/
lusoneld@gmail.com

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