Quels sont enfin les mots contre ces maux aux étudiants
du CHCL?
Comme un joyau tombé du ciel, le campus
universitaire Henry Christophe de Limonade est considéré comme l’une des structures qu’Haïti
n’a jamais connue. Sa splendeur a attiré fils et filles, hommes et femmes de
toutes les raques du pays, soucieux non seulement d’un enseignement supérieur de
qualité mais encore de contribuer à la reconstruction du pays. Limonade, là où le vent de la possibilité de la
Nouvelle Haïti espérée par tout et chacun soufflerait, là où les grenadiers
ont pu croire être mieux placés, a son soleil ténébreux qui y règne le jour et
sa lune noirâtre la nuit. Les étudiants sont donc pulvérisés par le comportement
malfaisant des dirigeants. Peut-on espérer malgré tout des mots à ces
maux ?
S’il s’agissait d’un rêve, en nous voyant accablés, trébuchés et torturés
pendant trois ans, nous nous efforcerions de nous réveiller. Mais on est non
seulement éveillé mais aussi debout. Cependant, tout ça nous est il suffisant
de nous enterrer ? Je dirais non. Car, Martin Lutter King eut à
dire : « Nos vies commencent à prendre fin le jour où nous devenons
silencieux à propos des choses qui comptent.»
Un proverbe arabe dit :
« Le trop de quelque chose est un manque de quelque chose. »
Moi, j’accuse pour dire que le trop de méchanceté
des dirigeants de l’Université à l’égard des étudiants du CHCL est un manque de
vouloir contribuer à relever ce défi historique dont fait l’objet ce cadeau inespéré.
Je me suis demandé quel projet conçu enfin pour le campus; un refuge
intellectuel par prétention, après tant de scandales et injustices faites aux
2500 étudiants avides de savoir.
Le rectorat de l’Université d’État d’Haïti fait semblant préoccupé par la crise et se montre alors décisif.
Puisqu’il faut dire et agir face à cette situation lugubre et hideuse, il ne
convient pas pour autant de dire ou d’agir comme on le voudrait. Mais pour
paraphraser Shakespeare, ce n’est pas suffisant de parler, il faut qu’on parle
juste. De même, il ne suffit pas d’agir, il faut agir avec équité. Donc, jusques
à quand y aura-il de mots authentiques contre nos maux, des actions contre
cette farouche situation dans laquelle submerge le campus.
Auteur : Francisco DEROSE
Email : franciscoderose148@yahoo.fr
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